C’était l’enterrement des oubliés
En ce mois de juillet
Ou août je ne sais plus
C’est sans importance
Année 2003
Une canicule
Sans scrupule
Une chaleur hors loi
Les personnes âgées
Seules et oubliées
Si loin de la famille
Et sans amis
Leur âme s’est enfuie
Le souvenir disparu
Allongées sur un lit
Elles ont fini leur vécu
Dans cette indifférence
Ce temps de vacances
Pour eux la souffrance
Un dernier souffle puis le silence
Un enterrement
Avec le président
Hommage de la France
A l’odeur acre et rance
Comme une culpabilité
Un sentiment intéressé
Faire croire à la fin
De la solitude pour destin
Un mensonge de société
Une vérité sans chagrin
On laisse sur le côté
Les déshérités de demain
En creusant leur tombe
Mettant leur souvenir à l’ombre
Nous avons voulu fuir
Leur dernier soupir
Le temps de la repentance
Agit comme une remontrance
Un regret s’installe
Sur cette douce France
Pourquoi n’a t’on pas vu ?
Cette question a mille réponses
Des racines aussi
Profondes que les ronces
Gravée dans la société
Celle du manque de mémoire
Et qui remplit les tiroirs
Des salles réfrigérées
En ce temps d’enterrement
Laissons la polémique
De côté
Et rendons hommage aux oubliés
Le véritable souvenir
Que ces gens méritent
Je vous remercie
D’enlever cet oubli