La valse de mes vingt ans
Je m’en souviens depuis longtemps
C’était au bal musette
Je dansais avec Suzette
Sous les lampions
Une soirée à tourbillons
On a échangé nos premiers baisers
Puis on s’est tant aimé
Que de magnifiques années
Le temps qui s’est écoulé
Depuis cet instant inoubliable
Une vie comme toute une fable
Remplie de souvenirs par milliers
Peuplée d’être et de souhaits
Je n’ai toujours pas réalisé
Par quelle porte je suis entré
Elle m’a ouvert son cœur
Au printemps, comme une fleur
Je m’y suis déposé
Le matin, à la rosée
Petite goutte
Sans l’ombre de doute
La soleil à fleur de peau
D’un jour nouveau
La vie à bras le corps
Ne jamais avoir tord
De ne pas profiter
Du temps passé
La vie n’est qu’instant
Mérite aucun sans
Pas de désuétude
Ni solitude
Atteindre la plénitude
Rien ne m’arrête
Plus loin que les crêtes
Le soleil en tête
Le mien c’est Suzette
J’ai pris les poudres d’escampette
Voyageant dans son monde
M’insérant dans la ronde
Peuplée de recoins et d’inconnu
J’ai parcouru toutes ses rues
Multiples fois perdu
Sur son corps nu
Toujours retrouver le chemin
Comme un p’tit gamin
Se cramponnant à sa main
Dans son grand jardin
Rempli d’imaginaire
Comme l’atmosphère, solaire
Miroir beauté
Que j’ai jamais quitté
La lumière s’éteint doucement
De mon soleil en mouvement
Le jour de ses 99 ans
Mort tu a encore le temps
Car,
La valse de mes cent ans
Je l’imagine depuis longtemps
Ce serai au bal musette
Je danserai avec Suzette